Hier soir, par une totale inadvertance, plongé que j'étais dans les affres et les tourments de la création, j'ai fait brûler le dîner...

Je fus saisi un instant par une légitime panique à l'idée de voir débarquer dans ma cuisine les pompiers, la BAC, le GIGN, Nicolas Sarkozy et les caméras de TF1...
Voyant que rien de tout cela n'advenait et que les médias nous abusaient, je sentis un frisson délicieux ébouriffer mes mêches folles ; j'avais bravé le couvre-feu, déjoué la surveillance policière, j'étais un rebelle.

Il faut considérer objectivement le fait que l'immolation de mon repas représente un sacrifice d'une toute autre portée que d'aller brûler les voitures des autres...

Devant une boîte de sardines à l'huile, je dus me rendre à l'évidence ; j'étais un crétin. On ne lit pas le journal en préparant à manger.
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